En 1956, alors que les confréries étaient rares en province de Luxembourg et en Belgique, une idée prend forme : créer une association dédiée à la mise en valeur du patrimoine ardennais. C’est ainsi qu’est née la Confrérie des Herdiers d’Ardenne.
Depuis ses débuts, sa mission est double : défendre le jambon d’Ardenne, produit emblématique dont Bastogne est un centre de fabrication historique, et promouvoir le tourisme et les traditions ardennaises. Un engagement qui perdure encore aujourd’hui, dans le respect du terroir et de la convivialité.
Dans le Bastogne d’après-guerre en pleine reconstruction, le Syndicat d’Initiative cherchait de nouvelles idées pour dynamiser le tourisme local. À l’approche de l’Exposition Universelle de 1958, un petit groupe de passionnés se réunit à l’hôtel Elite avec une ambition : créer une association folklorique et gastronomique, inspirée des célèbres “Blancs Moussis” de Stavelot et de la confrérie du Rat Mort à Ostende.
Autour de la table, des figures emblématiques de la ville : François Maréchal, notaire et échevin, Jean Piquart, hôtelier et véritable épicurien, Louis Olivier, avocat et conseiller provincial, et Jean Lambert, commandant à la retraite et secrétaire du Syndicat d’Initiative. À cette époque, les confréries étaient rares en province de Luxembourg, et l’idée de mettre en avant les richesses gastronomiques de la région faisait son chemin.
C’est ainsi qu’est née en 1962 la Confrérie des Herdiers d’Ardenne, avec pour mission de défendre et promouvoir un produit emblématique : le jambon d’Ardenne, dont Bastogne est un haut lieu de fabrication. Mais au-delà de la gastronomie, la confrérie s’est aussi engagée à valoriser le patrimoine et l’identité ardennaise.
En 2012, pour célébrer son 50e anniversaire, la confrérie reçoit la reconnaissance de son engagement en devenant la Confrérie Royale des Herdiers d’Ardenne. Une distinction qui honore des décennies de passion, de tradition et de promotion du terroir ardennais.
Le terme Herdier trouve ses racines dans le francique, ancienne langue germanique parlée par Clovis et les Francs. Il est apparenté aux mots “Herde” en allemand (qui signifie troupeau) et “Harde” en français.
À l’origine, le Herdier était un véritable entrepreneur de troupeaux, qu’il s’agisse de bovins, de moutons, de chevaux ou de porcs. Il pouvait être berger communal, rémunéré par le village pour veiller sur les bêtes, ou bien gérer un troupeau en fermage, assumant sa garde pour le compte des propriétaires.
L’expression “Le Herdier conduira le porc à la glandée” illustre bien son rôle : mener les cochons se nourrir de glands dans les forêts, une pratique ancestrale qui a façonné la tradition gastronomique ardennaise.